Freelance en Suisse : raison individuelle, TVA et cotisations AVS
Vous exercez en indépendant en France et vous envisagez de continuer depuis la Suisse. Ou vous souhaitez vous lancer en freelance une fois installé. Le cadre suisse pour les indépendants est à la fois plus simple et plus coûteux que le cadre français. Voici les points essentiels à comprendre avant de vous lancer.
La raison individuelle : la structure de base
En Suisse, la forme juridique la plus simple pour exercer en indépendant est la raison individuelle (RI). C'est l'équivalent de la micro-entreprise ou de l'entreprise individuelle française. Vous n'avez pas besoin de capital minimum, et la création est rapide — une inscription au Registre du Commerce est obligatoire si votre chiffre d'affaires dépasse 100 000 CHF par an, mais facultative en dessous.
La raison individuelle n'a pas de personnalité juridique propre — vous êtes personnellement responsable des dettes de votre entreprise. C'est le cadre adapté pour les freelances, consultants et professions libérales qui démarrent.
La TVA : le seuil suisse
En Suisse, l'assujettissement à la TVA est obligatoire dès que votre chiffre d'affaires annuel dépasse 100 000 CHF. En dessous de ce seuil, vous n'avez pas à facturer la TVA — c'est une simplification importante par rapport au régime français. Le taux normal de TVA suisse est de 8,1% depuis 2024.
Si vous travaillez principalement avec des clients étrangers, votre chiffre d'affaires peut être exonéré de TVA suisse selon les règles de territorialité. Ce point mérite une analyse selon votre situation spécifique.
Les cotisations AVS : le point le plus souvent sous-estimé
C'est là que beaucoup de freelances sont surpris. En tant qu'indépendant en Suisse, vous cotisez à l'AVS à hauteur d'environ 10% de votre revenu net d'activité — sans employeur pour partager la charge. Si vous avez un salarié, le taux total monte à environ 17,1% partagé entre vous et votre employé.
Ces cotisations sont obligatoires et calculées rétroactivement sur votre revenu annuel. Elles couvrent la retraite (AVS), l'invalidité (AI) et les allocations familiales (APG). Il n'y a pas d'équivalent suisse à la micro-entreprise française avec ses cotisations réduites — vous cotisez sur la totalité de votre revenu dès le premier franc.
La protection sociale de l'indépendant
Contrairement à un salarié, l'indépendant en Suisse n'est pas couvert par le chômage (AC) — il ne cotise pas et ne peut donc pas bénéficier des indemnités. C'est un risque réel à anticiper avant de quitter un emploi salarié.
En revanche, vous cotisez à la LPP (prévoyance professionnelle) si vous le souhaitez — c'est facultatif pour les indépendants, contrairement aux salariés. C'est une décision importante : la LPP volontaire vous permet de bénéficier d'avantages fiscaux similaires au pilier 3a, avec des plafonds de déduction plus élevés.
La LAMal reste obligatoire
Indépendant ou salarié, la LAMal est obligatoire pour tout résident suisse. En tant qu'indépendant, vous la payez entièrement de votre poche — sans participation employeur. À intégrer dans votre calcul de revenu minimum nécessaire.
Les arbitrages entre raison individuelle, Sàrl et SA selon votre chiffre d'affaires et votre situation fiscale sont détaillés dans la formation.
En tant qu'indépendant, le 3ème pilier est particulièrement stratégique car vous cotisez avec des plafonds encore plus élevés — notre article explique pourquoi l'ouvrir dès le premier mois est essentiel.
Par où commencer
Le guide gratuit couvre les décisions administratives et patrimoniales à régler avant de quitter la France — dont la gestion de votre activité indépendante côté français.
Contenu éducationnel — ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé. Pour toute décision individuelle, consultez un professionnel qualifié.
