Impôt à la source en Suisse : tarifs A, B, C et H expliqués simplement

Impôt à la source Suisse tarifs A B C H

Tarif A, B, C ou H : le mauvais code sur votre fiche de paie peut vous coûter des milliers de CHF en rattrapage fiscal. Voici lequel s'applique à votre situation.

En Suisse, tout salarié étranger sans permis C est en principe imposé à la source. Votre employeur prélève chaque mois un montant directement sur votre salaire et le verse à l'administration fiscale cantonale. Ce montant dépend du tarif qui vous est appliqué (A, B, C ou H) selon votre situation familiale, suivi d'un chiffre qui indique le nombre d'enfants à charge (A0, B1, C2, etc.). Comprendre quel tarif s'applique à votre cas est essentiel pour anticiper votre salaire net réel. Pour replacer l'IS dans l'ensemble du système, consultez notre comparatif complet des impôts Suisse vs France.

Avant de partir, 7 décisions que la plupart des Français ratent. Le guide est gratuit.

Estimez votre salaire net selon votre tarif et votre canton avec le simulateur ci-dessous.

Le tarif A : personne seule sans enfant à charge

Le tarif A s'applique aux personnes célibataires, divorcées, séparées ou veuves qui n'ont pas d'enfant à charge vivant avec elles. C'est le tarif de base : aucune charge de famille ne vient réduire le taux, ce qui en fait en général l'un des plus élevés à revenu égal.

Le taux effectif dépend fortement du canton et du niveau de salaire. À revenu identique, il est nettement plus élevé à Genève ou dans le canton de Vaud qu'à Zoug ou Schwyz. Pour connaître votre taux exact, référez-vous au barème publié par l'administration fiscale de votre canton de résidence.

Le tarif B : marié, conjoint sans activité lucrative

Le tarif B s'applique aux personnes mariées, ou en partenariat enregistré, dont le conjoint n'exerce pas d'activité lucrative et ne perçoit pas de revenu de remplacement, ni en Suisse ni à l'étranger. Il est plus favorable que le tarif A car il tient compte d'un foyer vivant sur un seul revenu.

Attention : si votre conjoint commence à travailler en cours d'année, vous devez en informer votre employeur rapidement pour basculer vers le tarif C. Le changement s'applique en principe dès le mois suivant. Un changement non déclaré peut entraîner un rattrapage fiscal l'année suivante.

Le tarif C : marié, conjoint avec activité lucrative

Le tarif C s'applique aux personnes mariées dont le conjoint perçoit lui aussi un revenu d'activité ou de remplacement (chômage, maladie, maternité), en Suisse ou à l'étranger. Le principe est d'imposer votre salaire à un taux qui correspond aux revenus du couple.

Comme votre employeur ne connaît pas le salaire de votre conjoint, le barème part d'une hypothèse : un revenu théorique du conjoint égal au vôtre, plafonné (70 500 CHF par an à Genève depuis 2026). Si le revenu réel de votre conjoint est très différent, le prélèvement peut être nettement trop élevé ou trop faible. Certains cantons, comme Genève, permettent de demander un barème C ajusté en cours d'année, et l'écart est de toute façon corrigé l'année suivante lors de la rectification ou de la taxation ordinaire ultérieure.

Le tarif H : famille monoparentale

Le tarif H s'applique aux personnes célibataires, divorcées, séparées ou veuves qui vivent seules avec un ou plusieurs enfants à charge. Il intègre la charge de famille monoparentale et les déductions pour enfants, ce qui le rend nettement plus favorable que le tarif A à revenu égal.

Comment votre employeur calcule le montant prélevé

Comment votre employeur calcule le montant prélevé

Votre employeur utilise les barèmes officiels publiés chaque année par le canton. Ces barèmes intègrent l'impôt fédéral direct, l'impôt cantonal et l'impôt communal. Ils tiennent compte de votre revenu brut mensuel, de votre tarif, du nombre d'enfants à charge et du canton concerné.

Le taux appliqué est un taux effectif, pas un taux marginal : il s'applique à l'ensemble de votre salaire brut du mois, et non à la seule tranche au-dessus d'un seuil.

Les erreurs à éviter

La première erreur est de ne pas déclarer un changement de situation à son employeur. Mariage, naissance, séparation, conjoint qui commence ou arrête de travailler : tout changement modifie votre tarif et doit être signalé rapidement pour éviter un décalage entre ce qui est prélevé et ce qui devrait l'être.

La deuxième erreur est de ne pas demander la taxation ordinaire ultérieure (TOU) quand elle est avantageuse. Au-delà de 120 000 CHF de salaire brut annuel, la TOU est obligatoire. En dessous, vous pouvez la demander avant le 31 mars de l'année suivante : c'est ce qui vous permet de faire valoir des déductions que le barème ne prend pas en compte, comme les versements au pilier 3a ou les rachats LPP. Attention, une fois demandée, la TOU s'applique aussi aux années suivantes tant que vous restez imposé à la source.

Notre article sur la déclaration fiscale de la première année explique dans quels cas cette démarche vaut la peine.

Cet article couvre la théorie. La formation couvre les décisions concrètes, dans le bon ordre, avec les chiffres réels de votre situation.

Contenu éducatif. Il ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé. Pour toute décision individuelle, consultez un professionnel qualifié.