Impôts en Suisse vs France : comparatif complet pour un salarié expatrié

Impôts en Suisse vs France comparatif

Pas d'impôt sur les plus-values privées. Pas d'IFI. Un impôt sur le revenu qui varie du simple au double selon le canton. Voici le comparatif factuel, avec ce que la Suisse fait moins bien aussi.

Tout le monde sait que la Suisse est moins imposée que la France. Mais quand on rentre dans le détail, les différences sont plus nuancées et plus intéressantes qu'un simple « la Suisse c'est moins cher ». Voici le comparatif factuel pour un salarié cadre qui prend sa décision en connaissance de cause.

Avant de partir, 7 décisions que la plupart des Français ratent. Le guide est gratuit.

Estimez concrètement votre salaire net selon votre canton avec le simulateur ci-dessous.

Estimation simplifiée : taux d'impôt à la source moyens, calibrés pour un salaire de 8 000 à 10 000 CHF brut par mois. L'impôt réel est progressif et dépend de votre barème et de votre commune.

L'impôt sur le revenu : une réelle différence selon les cantons

En France, un célibataire sans enfant avec un salaire net imposable de 80 000€ paie de l'ordre de 15 000 à 17 000€ d'impôt sur le revenu, soit environ 19 à 21% de son salaire net. En Suisse, un célibataire avec 100 000 CHF de salaire brut annuel paie, impôts fédéral, cantonal et communal confondus, de l'ordre de 8 000 CHF à Zoug à 17 000 CHF ou plus à Genève. Ces montants sont des ordres de grandeur : ils varient avec la commune, les déductions et la situation familiale.

L'avantage suisse est donc réel mais très variable selon le canton choisi. À salaire égal, un résident de Zoug peut payer moitié moins d'impôt qu'un résident de Genève. Pour un cadre qui a le choix de son lieu de résidence, le canton est une décision financière majeure.

Les charges sociales : avantage Suisse, surtout pour les hauts salaires

En France, les charges sociales salariales représentent environ 22 à 25% du salaire brut. En Suisse, les cotisations salariales (AVS/AI/APG, assurance chômage, LPP, assurance accidents non professionnels) représentent en général entre 11 et 17% selon l'âge et le plan de prévoyance. C'est structurellement moins élevé.

L'écart se creuse sur les hauts salaires, mais pas pour toutes les cotisations. La cotisation AVS/AI/APG de 5,3% n'est pas plafonnée : elle s'applique sur l'intégralité du salaire. En revanche, l'assurance chômage n'est prélevée que jusqu'à un plafond de salaire, et la LPP obligatoire s'arrête elle aussi à un salaire plafond (même si beaucoup de caisses assurent la part surobligatoire au-delà).

Ce que la Suisse n'impose pas

Ce que la Suisse n'impose pas, et ce qu'elle impose autrement

Pas d'impôt sur les plus-values mobilières privées. En France, vos gains sur ETF, actions et cryptomonnaies sont imposés au prélèvement forfaitaire unique, passé de 30% à 31,4% en 2026 avec la hausse de la CSG. En Suisse, si vous êtes considéré comme un investisseur privé (ce qui est le cas de la grande majorité des résidents), ces plus-values ne sont pas imposées. Sur 10 ou 20 ans d'investissement régulier, l'écart peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros. Les dividendes et intérêts restent en revanche imposés comme revenu en Suisse.

Pas d'IFI, mais un impôt sur la fortune. La France n'impose plus que le patrimoine immobilier supérieur à 1,3 million d'euros, via l'IFI. La Suisse, elle, prélève chaque année un impôt cantonal sur la fortune nette totale, y compris financière, avec des taux qui vont d'environ 0,1% à près de 1% selon le canton et le montant. Selon la composition de votre patrimoine, l'une ou l'autre formule peut être plus lourde.

La taxe d'habitation. Elle a de toute façon disparu en France pour les résidences principales. En Suisse, il n'existe pas d'équivalent direct, mais certaines communes prélèvent des taxes spécifiques (déchets, par exemple).

Ce que la France fait mieux

Plusieurs protections sociales sont plus larges en France. Le congé maternité est plus long (16 semaines contre 14 en Suisse), la couverture santé ne coûte pas une prime par personne comme la LAMal, et le salaire est mieux protégé en cas d'arrêt maladie long si votre employeur suisse n'a pas souscrit d'assurance perte de gain.

La CAF n'a pas d'équivalent direct en Suisse. Les allocations familiales existent, mais elles sont versées via l'employeur par les caisses cantonales, sans condition de ressources, et leurs montants varient selon le canton. Il n'existe pas d'aide au logement généralisée comparable aux APL.

Tous nos guides sur la fiscalité franco-suisse

La fiscalité est le sujet le plus déterminant, et le plus piégeux, d'une installation en Suisse. Voici nos guides détaillés, du cadre général aux situations spécifiques :

Les fondamentaux

L'année du départ et la première déclaration

Situations patrimoniales spécifiques

Cet article couvre la théorie. La formation couvre les décisions concrètes, dans le bon ordre, avec les chiffres réels de votre situation.

Contenu éducatif. Il ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou juridique personnalisé. Pour toute décision individuelle, consultez un professionnel qualifié.